Critiques

Désastre environnemental

La blockchain consomme énormément d’énergie, car tous les ordinateurs du réseau hébergent chacun une copie de l’intégralité du registre depuis sa création, et celui-ci est mis à jour en temps réel. De l’électricité, il en faut encore plus pour le minage, cette opération qui sert à certifier les transactions. En novembre 2013, le réseau du bitcoin avait déjà acquis une puissance de calcul 256 fois supérieure à celle des 500 plus gros super-ordinateurs du monde. Un « désastre environnemental », dénoncent certains analystes. (Le Monde du 19 avril, Supplément Eco&Entreprises, p. 7)

A noter que ceci ne s’applique qu’au blockchains fonctionnant en Preuve-de-Travail et non celles en Preuve-par-la-possession-d’Actif. Il faudrait également comparer les coûts écologiques des monnaies classiques qui necessitent une adminstration bien plus lourde.

Une vision individualiste qui fait disparaître le collectif

Selon Michel Bauwens, la blockchain dérive d’une vision de l’homme très particulière : des individus autonomes passent des contrats entre eux. Ils n’ont pas besoin de collectif, de communauté. Et les contrats sont fondés sur une forme de propriété. Comme au Monopoly, sans jetons vous ne jouez pas. (Le Monde du 19 avril, Supplément Eco&Entreprises, p. 7) Il y a perte du sens humain : la confiance ne repose plus sur des rapports entre individus mais sur une technologie (Le Monde du 19 avril, Supplément Eco&Entreprises, p. 7).

Nouvel avatar du néo-libéralisme

Le bitcoin a été inventé en 2008 par des personnes se réclamant d’une idéologie libertarienne afin de court-circuiter banques et banques centrales, il intéresse aujourd’hui passionnément le monde des affaires (des contacts ont été pris à Bercy, des entreprises du CAC 40, et des banques comme BNP Paribas ou la Société générale s’y intéressent (Le Monde du 19 avril, Supplément Eco&Entreprises, p. 6). Ce qui intéresse ces entreprises c’est de pouvoir supprimer les intermédiaires (Le Monde du 19 avril, Supplément Eco&Entreprises, p. 6). Elle vise à remplacer des plates-formes très régulées, contrôlées par des tiers de confiance (Le Monde du 19 avril, Supplément Eco&Entreprises, p. 6).

On ne sait pas qui a créé le bitcoin. Mais le logiciel (lequel ?) est open source et donc vérifiable/auditable à tout moment. Dans le cas d’Ethereum, son inventeur est connu, il s’appelle Vitalik Buterin.

Bitcoin n’est pas une entreprise. C’est un logiciel open source. Utiliser ce réseau ne profiterait qu’aux gens qui fabriquent du bitcoin (les « mineurs« ).

Les personnes qui défendent cette technologie peuvent avoir un intérêt financier à ce qu’elle perce (Le Monde du 19 avril, Supplément Eco&Entreprises, p. 7).

Il n’est pas impossible que le bitcoin soit un avatar du néo-libéralisme (ou des libertariens) qui consiste à soumettre la monnaie directement aux mécanismes du marché, sans qu’il n’y ait plus aucune instance de contrôle possible, cet argent n’étant garanti par aucune banque centrale, donc par aucun État (étant bien entendu que les mécanismes de la monnaie échappent déjà en grande part à tout contrôle citoyen).

Il n’est pas impossible que le bitcoin serve également à échapper à l’impôt et donc à la redistribution collective (étant bien entendu que les mécanismes actuels de redistribution, et l’impôt, sont bien souvent loin de servir l’intérêt général).

Limite technologique

L’une des premières limites est le volume : le nombre de transactions pouvant être validées simultanément dans un même bloc est plafonné (Le Monde du 19 avril, Supplément Eco&Entreprises, p. 7) et l’autre est le temps : il faut compter une dizaine de minutes pour valider un bloc de transaction (Le Monde du 19 avril, Supplément Eco&Entreprises, p. 7).

A noter que ces limites sont spécifiques aux blockchains utilisées.

Vide juridique

La blockchain se trouve dans un vide juridique total (Le Monde du 19 avril, Supplément Eco&Entreprises, p. 6).

Limitation de la liberté juridique et du droit à ne pas respecter un contrat

Paradoxalement, à cause de son caractère immédiat et irréversible, cette technologie limite les libertés. Une fois qu’une règle, comme un accord de transaction ou une authentification, a été inscrite dans une blockchain, les utilisateurs sont obligés de s’y soumettre. Cela va à l’inverse du principe du droit, où l’on peut choisir de ne pas se soumettre à un contrat, en prenant le risque d’être jugé ensuite. La blockchain est donc « une application automatisée de la loi, qui élimine la notion d’exception», explique Primavera De Filippi, chercheuse au CNRS sur les implications juridiques de la blockchain. « On donne le pouvoir de juge à celui qui écrit les règles, qui contrôle la technologie », met-elle en garde. (Le Monde du 19 avril, Supplément Eco&Entreprises, p. 7)

A noter que les contrats peuvent expressément (mais n’ont pas l’obligation) prévoir le principe d’exception en laissant une communauté juridique agir sur ses règles.

L’utilisation de ces technos excluent certain-e-s.

Cette technologie exclu ceux qui n’ont par d’ordinateur ou de smartphone ou qui ne savent pas ou ne veulent pas s’en servir.

Il est tout à fait possible, et c’est même recommandé, de stocker les clés privées sur papier. Cela permet de dépenser ses sous ou faire valoir ses droits sans forcément disposer du moindre appareil électronique à condition d’avoir quelqu’un dans son entourage qui dispose de tels appareils et en maîtrise la technologie.

Fantasme technologique et totalitaire

La techno-science prend déjà trop de place dans nos existences.

Selon Michel Bauwens, l’un des défenseurs du P2P : une technologie n’est jamais neutre : il y a un fantasme technocratique et un risque totalitaire derrière la blockchain(Le Monde du 19 avril, Supplément Eco&Entreprises, p. 7)

La solution est ailleurs

La solution aux problèmes de perte d’intérêt général des institutions ne réside pas nécessairement dans des réponses technologiques séparées de la sphère publique et institutionnelle mais dans une une réappropriation des institutions et de la sphère publique.

Une technologie encore expérimentale

Hormis le Bitcoin, aucune application de blockchain n’a dépassé le stade de l’expérience et n’a des résultats solides et éprouvés (Le Monde du 19 avril, Supplément Eco&Entreprises, p.6).


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